L’Académie française avait décidé, il y a un moment, du genre du virus, ou plutôt de son sexe. Ils ont décidé que ce sera une femme, qu’on dira la Covid-19.Espérons pour eux que le virus reste cissexuel et qu’il n’aspire pas à changer de genre. L’Académie n’a par contre rien précisé sur les adjectifs dérivés de la Covid. Je ne sais pas si je dois dire covidif, covideux ou covidal. Moi j’ai choisi covidien. (Réservez-moi une place à l’Académie.)

L’aspect terminologique étant réglé, venons-en au cœur du sujet : le quotidien covidien. Depuis Mars 2020, l’ordre mondial a été bouleversé et on n’est pas près d’un retour à la normale s’il est encore possible d’en envisager un. Il y a encore plusieurs formes mutantes du virus apparemment. Pour l’instant, c’est le variant Delta. Cette situation ne cesse cependant de nous donner des leçons, lesquelles s’étendent de l’individuel à l’universel.

D’abord le confinement. Pour la plupart des gens, c’était une situation terrible. Mis à part les retombées économiques et sociales, il fallait prendre en compte l’impact psychologique, mental sur l’individu. Loin des parents, seul, entre quatre murs, c’est un peu difficile à supporter.
Mais c’était aussi l’occasion de refaire connaissance avec soi-même, de reconsidérer son amour-propre, son estime de soi ou peut-être même une petite dose de narcissisme. Les aires de jeu étaient fermées, ce qui n’est pas bien pour la plupart des jeunes, moi y-compris. Il fallait donc trouver d’autres moyens pour avoir les mêmes sensations que celles qu’on a après une bonne partie de foot. J’ai moi-même découvert que j’avais des profondeurs cachées, des talents qui m’ont surpris. Je me suis rendu compte qu’en fait j’étais poète et pas n’importe quel poète, tenez-vous bien, je suis poète drill (Tout le monde a des défauts). Voyez vous-mêmes :
Pfizer Johnson Johnson Sinovac Astra Zeneca
Covid Covid Ebola Malaria Dengue et Zika

Si vous n’avez pas capté de la drill, relisez à une plus grande vitesse.

Voici verbatim une discussion entre un ami rappeur et moi à propos de ces deux lignes :

“-Yo man, bien ou quoi ? Té-ma c’que j’ai écrit
C’est de la peu-fra mon re-frè. Lourd lourd

Essayez vous-aussi si ce n’est pas encore le cas ! Mettez-vous au piano ! Prenez un pinceau ! Dansez ! Chantez ! Faites parler l’artiste en vous !

Deuxième leçon, l’une des plus importantes pour moi, et là c’est régional, c’est le retard scientifique du continent africain.
Je suis vacciné, j’ai pris les deux doses de Sinopharm. « Quoi ? Cette chinoiserie ? » me dira mon ami conspirationniste ou négationniste. Je ne le blâme pas. Il y a même des bac+infini qui sont anti-vax. Ce qui me dérange par contre, c’est qu’on attende en Afrique qu’on nous envoie les vaccins, qu’aucune recherche scientifique ne soit faite sur place et qu’on reste là à crier au complot. Il semblerait même qu’on fournit à certains pays des vaccins périmés.
L’avantage que la Chine a sur nous est qu’ils ont eu un modèle de développement basé sur les progrès techniques. Et aujourd’hui, ils ne sont plus un pays sous-développé, la Chine est une puissance, une grande puissance. Aucun Etat africain n’a le droit de remettre en cause la fiabilité du vaccin chinois.

Au début de la pandémie, le président malgache Andry Rajoelina a livré une bataille à l’OMS, et a essayé de convaincre l’opinion internationale que son pays avait le remède contre la Covid : le traitement à base d’artemisia. Bien évidemment, ça n’a pas abouti. Ils se sont contentés d’en faire une tisane au nom de Covid Organics et se sont limités uniquement à leur territoire. Là encore, dans l’imaginaire collectif africain, c’est une question de puissance, d’hégémonie. Mais en réalité, c’est une question de science.
Leçon pour nous : la recherche scientifique, ce n’est pas seulement pour les Etats-Unis ou l’Occident. Il faut arrêter de construire des églises, remplacez les par des écoles ; la Providence vous en sera reconnaissante. Et pour la jeunesse africaine, on a besoin de médecins et d’ingénieurs, pas de youtubeurs ou d’instagrameurs.

Faut sciencer les gars.

Written by: Kodjo Casimir ATOUKOUVI

One thought on “Méditations Covidiennes”

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